Avant tout
Hommage à Gutenberg, à Samuel Morse et au réseau téléphonique planétaire.
 
 

Gutenberg (av.1400-1468)



En inventant l'imprimerie à caractères mobiles, Gutenberg propose d'obtenir par un procédé industriel ce qu'on obtenait jusque là par le procédé artisanal de la copie manuscrite. Les poinçons des premiers typographes miment étrangement l'écriture des moines copistes. C'est une sorte d’écriture industrielle, préfabriquée, modulable, composable. Une nouvelle manière de produire, beaucoup plus efficacement, des livres.

Pour entretenir leur matériel, presses à bras, poinçons, pour fondre le plomb des caractères, et pour financer aussi le stock de papier à imprimer, libraires et typographes avaient un banquier : l'éditeur. Son rôle précède l'apparition de l'auteur, à une époque où l'essentiel des livres reproduisent des oeuvres et des savoirs du domaine public, et où le papier et l'imprimerie étaient d'abord le moyen le plus efficace pour leur diffusion.

Dès lors, la circulation des oeuvres, des idées et des savoirs aura partie liée avec l'économie du support-marchandise qui aujourd'hui encore les véhicule : le livre, le journal ...


Samuel Morse (1791-1872)



Jusqu'à lui, le chiffrage binaire était dédié à la logique et au calcul (Pascal, Leibniz, etc.). Inventeur du télégraphe électrique en 1830, Samuel Morse imagine un alphabet conventionnel, capable de transformer les messages en signal électrique pour les rendre transportables par deux fils de cuivre (et plus tard, par voie hertzienne). Le codage est admirable : la lettre la plus souvent utilisée (le "e") est codée par une information minimale (un point). C'est à la fois le principe des modem et des algorithmes de compression d'aujourd’hui.

Par ses trouvailles, Morse nous livre aussi une figure concrète du message, dans sa linéarité absolue : le ruban du télégraphe.
Pour voir et entendre ses messages en Morse :
http://www.alyon.org/InfosTechniques/radio/morse


Le réseau téléphonique planétaire

L'exploit d'Internet passe aussi par la continuité parfaite d'une paire de fils de cuivre à la surface de notre planète. Par les poteaux télégraphiques des campagnes, par les gaines techniques des sous-sols urbains et des gratte-ciel, par les câbles enfouis au fond des océans dès le milieu du XIXème.



Campagne d'enfouissement du premier câble transatlantique (Agememnon et Niagara, connexion réussie le 5 août 1858)



Les mots traversaient les océans entre Londres, New-York, Paris et Tokyo, au milieu du XIX siècle, bien avant l'invention du téléphone...


Suivent les progrès de la commutation : de la voix perdue des "demoiselles" du manuel à la commutation spatiale des centraux automatiques, à la commutation temporelle de l'ère numérique enfin (qui en fait parfois même disparaître le fil). Désormais, les moyens de commutation sont au plus proche de nous (URL en langage quasi-naturel, liens sous les doigts grâce à l'hypertexte et aux serveurs DNS de l'internet).

Du câble de cuivre, fondu en 1858 par les chocs électriques transatlantiques, à la fibre optique à très haut débit aujourd'hui. Peut-être la plus fabuleuse machine jamais construite par l'homme autour du monde. Réseau de coopération, perfectible aussi. Un mois de connexion à Internet vaut quelques heures de smic en France, un mois du salaire d'un professeur d'Université dans certains pays africains.

 

 
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